Skip to main content ZOË RENAUDIE

author: Larivée, Camille; Darensbourg, Jeffery U.; Henri, Keywa; Redhead, Marie-Anne

title: " Futurités autochtones : dépasser les solitudes des mondes franco-américains "

abstract:

tags: savoirs-autochtones, art-contemporain

theme: Savoirs Autochtone

Présentation intervenant.e.s

Animateurice : Camille Larivée (Innu, Tiohtià:ke | Montréal), artiste, commissaire indépendant·e, auteur·ice et directeur·ice général·e et artistique du MAI
Jeffery U. Darensbourg (Créole louisianais et Atakapa-Ishak, Bulbancha | Nouvelle-Orléans), docteur, écrivain, conférencier et chercheur
Keywa Henri (Kalin’a Tilewuyu, Kaulu | Kourou et Lyon), artiste pluridisciplinaire et chercheur·euse indépendant·e
Marie-Anne Redhead (Ininiw et francophone, Qaumajuq | Winnipeg), conservatrice adjointe d’art autochtone et contemporain, Musée des beaux-arts de Winnipeg-Qaumajuq

Notes

Heure : 13 h 00

Jeffery U. Darensbourg

(Créole louisianais et Atakapa-Ishak, Bulbancha | Nouvelle-Orléans)
Docteur, écrivain, conférencier et chercheur

  • Présentation vidéo depuis la Louisiane.
  • Bulbancha signifie « le lieu où l’on parle d’autres langues » en choctaw.
  • Avant la colonisation, environ 40 nations autochtones entretenaient des relations commerciales dans cette région.
  • En 1699, Iberville et Bienville rencontrent les Biloxi à Bulbancha.
  • La cuisine traditionnelle louisianaise est d’origine autochtone, et non française.
    Référence : The Sioux Chef’s Indigenous Kitchen (Sean Sherman, Turtle Island).
  • Les Français qualifiaient les Autochtones de « sauvages », mais ces derniers formulaient aussi des critiques à leur égard.
  • Ishak : être humain, littéralement « quelqu’un qui est né ».
    Kilwish : personne perçue comme incomplètement humaine, « plus proche de l’œuf que de l’être humain né naturellement ».
  • Bulbancha est historiquement un espace queer.
    Référence à un article sur le sujet.
  • Site : jeffreydarensbourg.com

Keywa Henri

(Kalin’a Tilewuyu, Kaulu | Kourou et Lyon)
Artiste pluridisciplinaire et chercheur·euse indépendant·e

  • Performance (2025) au Musée des Confluences, Lyon.
    Refus du terme « Guyane française ».
    Identité franco-brésilienne.
  • Être autochtone est aujourd’hui un acte politique sur le territoire français.
  • Expérience solitaire aux Beaux-Arts de Lyon.
  • Anotnin Winion (À travers), installation, 2022, ENSBA.
    Portraits de figures autochtones à l’encre de genipa.
  • Wossa La’a (Je reviens), 2023
    Corpus de performances, vidéos, photographies et installations.
    Réflexion à partir de fragments de corps humains exposés à Paris (photographies du musée du quai Branly).
    Exposition qualifiée de problématique.
  • Photographie prise depuis l’avion :
    « En France je réfléchis, en Guyane je vis. »
  • Questionnement sur la mémoire :
    Pourquoi demander d’oublier, alors que des millions sont investis dans la restauration de Notre-Dame ?
  • Les grands-parents de l’artiste sont conservés dans une boîte au Musée de l’Homme.
  • Acteur·ice dans le film Yu’a’ah.
  • Pratique non individuelle : travail toujours mené avec la famille et les relations.

Marie-Anne Redhead

(Ininiw et francophone, Qaumajuq | Winnipeg)
Conservatrice adjointe d’art autochtone et contemporain
Musée des beaux-arts de Winnipeg – Qaumajuq

  • Winnipeg Art Gallery – Qaumajuq.
    Ville située à la confluence de deux rivières.
  • Ouverture par des remerciements et une présentation de la famille et du territoire.
  • Mandat initial : travailler sur les titres problématiques des œuvres de la collection.
  • Recherche menée lors d’une exposition d’art métis pour le 150ᵉ anniversaire de la collection du Manitoba.
    Découverte de A Métis Family (Peter Rindisbacher, 1825).
    Exposition mal reçue par une partie du public francophone du Manitoba, en raison de l’utilisation d’une seule langue coloniale.
  • Identification de mots-clés offensants dans la base de données.
    Retitrage des œuvres en consultation avec les communautés concernées.
    Certaines communautés n’ont pas pu être identifiées ou reconnues.
  • Les nouveaux titres proviennent de sources variées :
    • chants
    • cérémonies
    • échanges de tabac
  • Exemple :
    Indian Head (plâtre) devient Running Bear Man (Unkan Wandbi Wakita).
  • Vue de l’exposition Winyan, WAG, 2024.
  • Projet sur la création du portrait :
    Le titre « Indian Princess » est remis en question lorsque la photographie confère une agentivité autochtone au sujet.
  • Politique d’acquisition d’œuvres d’artistes autochtones, notamment des œuvres de perlage.
  • Tambour enterré (Lida) : essuyer le tambour pour éviter qu’il ne craque.
  • Les futurités autochtones ne se construisent pas uniquement à l’intérieur des murs institutionnels.
    Nécessité de trouver d’autres formes de célébration culturelle.
  • Se positionne comme une personne en apprentissage constant, et non comme experte.
    Capacité à parler depuis les relations et à créer des espaces de résonance plutôt que d’autorité.

Lien avec la thèse

L’activation par Keywa Henri du réseau relationnel autour d’une exposition jugée problématique permet de repenser de manière critique la présentation des restes humains, notamment ceux de ses grands-parents. Cette démarche montre que l’objet d’origine crée des relations, des récits et des processus de réactivation qui produisent du sens, confirmant que la conservation de l’exposition doit se déplacer de l’objet vers les réseaux, les usages et les enjeux éthiques qui les traversent. Comment cela pourrait aider à la restitution des fragments ?

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©2026 Zoë Renaudie avec l'aide d'Evan Renaudie. Les polices utilisées sont Manifont Grotesk (c) CUTE Sophie Vela, Max Lillo et al. et DM Sans (c) OFL Camille Circlude, Eugénie Bidaut, Mariel Nils, Bérénice Bouin, merci au travail de Bye-Bye Binary