Skip to main content ZOË RENAUDIE

author: Muñoz, Elena Lespes; Collectif Les Paillettes; Lièvre, Pascal

title: Langage et médiation, s'adresser à tous.tes dans les espaces d'exposition

abstract: Le langage est un vecteur d'inclusion ou d'exclusion, un outil révélateur des mécanismes de pouvoir et de domination. Comment intégrer un lexique queer dans les pratiques de médiation sans dépolitiser les enjeux ? Quel est le rôle et la posture du·de la médiateur·ice ?

tags: mediation, exposition, documentation

theme: queer

Présentation intervenant.e.s

[[Muñoz, Elena Lespes]] [[Lièvre, Pascal]] [[Collectif Les Paillettes]]

Notes

Pascal Lièvre – Les Patchwork des Noms
  • Contexte :
    • Les Patchwork des Noms sont majoritairement institutionnalisés (musées, archives).
    • Problème : Les associations locales ont disparu (sauf celle de Paris), et les patchworks conservés en institution ne sont plus accessibles à la communauté, sauf pour des expositions ponctuelles.
    • Enjeu : Désappropriation symbolique → Les objets ne « appartiennent » plus à ceux·celles qu’ils représentent.
  • Actions récentes :
    • Appel à la communauté queer pour la restauration des patchworks :
      • Critère de sélection : Pas de compétences techniques requises, mais une sensibilité à :
        • Faire vivre les patchworks (dimension performative et émotionnelle).
        • Respecter l’objet et sa portée symbolique (mémoire, deuil, résistance).
      • Lien avec la thèse : Rapport à la conservation-restauration (C-R) → Comment documenter des pratiques de soin communautaire plutôt que des protocoles experts ?
    • Nouvel espace : Le Hameau (Palais de Tokyo), 2 fois par mois → Lieu de rencontre et d’animation pour l’association.
    • Ateliers : À Solidarité Sida (autre partenariat).
    • Reprise de la création : Les patchworks continuent d’être créés (car « il y a toujours des morts »).
  • Site : patchworkdesnoms.org
Elena Lespes Muñoz – Beton Salon
  • Ateliers d’écriture :
    • Posture : Loin des notices traditionnelles (format muséal classique).
    • Exemple concret :
      • « La Kate » : Texte collaboratif écrit à plusieurs mains avec la contrainte « ne rien effacer » → Superposition des voix, trace des processus de création.
      • Atelier « moufle » : Écrire avec des moufles pour :
        • Ralentir l’écriture.
        • Introduire du hasard (traces imprévisibles).
        • Questionner l’accessibilité (qui peut écrire ? comment ?).
Collectif Les Paillettes
  • Publics cibles : Écoles, bibliothèques, musées → Médiation grand public.
  • Méthodologie :
    • Scénarios et personnages : Utilisation de fictions pour aborder des réalités queer (ex. : histoires de coming out, de résistance).
    • Réception : Très positive, même dans des cadres institutionnels (ex. : musées).

Lien avec la thèse

1. Conservation et restauration comme pratiques communautaires (Pascal Lièvre)

  • Critique de l’institutionnalisation :
    • Ta thèse pourrait interroger : Comment documenter des objets ou archives queer sans les figurer dans un cadre muséal traditionnel ?
    • Piste : Intégrer des protocoles de documentation participative (ex. : faire écrire des notices par les restaurateur·rices communautaire·s).
  • Rapport à la C-R :
    • L’approche de Lièvre montre que la restauration peut être un acte politique (refus de l’expertise technique au profit de la sensibilité communautaire).
    • À documenter :
      • Les récits oraux des participant·e·s aux ateliers.
      • Les gestes (comment on « fait vivre » un patchwork ?).
      • Les conflits (ex. : tensions entre institutions et communauté).

2. Écriture et documentation alternative (Elena Lespes Muñoz)

  • Dépasser la notice classique :
    • Les ateliers de Beton Salon offrent des modèles concrets pour repenser la documentation d’exposition :
      • Textes à plusieurs mains (ex. : « La Kate ») → Polyphonie dans les archives.
      • Contraintes formelles (ne rien effacer, écrire avec des moufles) → Traces des processus plutôt que des résultats lissés.
    • Application possible :
      • Créer des « notices vivantes » : Inviter les visiteur·euse·s ou les artistes à superposer leurs voix sur un même document.
      • Archiver les accidents : Les ratés, les ratures, les hasards (ex. : traces de moufles) comme partie intégrante de la documentation.

3. Médiation par la fiction (Collectif Les Paillettes)

  • Scénarios et personnages :
    • Outils pour documenter :
      • Créer des archives fictives (ex. : personnages imaginaires inspirés de récits réels) pour combler les silences des collections.
      • Documenter les ateliers : Filmer/transcrire les interactions avec le public (comment les scénarios sont reçus, adaptés, détournés).
    • Lien avec le queer :
      • La fiction permet de contourner les censures (ex. : aborder des sujets tabous via des métaphores).
      • À croiser avec l’idée d’anachronisme productif (Ana Bordenave) : Utiliser des récits contemporains pour éclairer des œuvres historiques.

4. Espaces hybrides (Le Hameau / Palais de Tokyo)

  • Le Hameau comme modèle :
    • Un espace à la fois physique et symbolique, où se croisent :
      • Conservation (patchworks).
      • Création (nouveaux patchworks).
      • Transmission (ateliers).
    • Pour ta thèse :
      • Comment documenter des lieux éphémères ou informels (ex. : ateliers, rencontres) qui dépassent le cadre de l’exposition ?
      • Proposition : Cartographier les réseaux (ex. : liens entre Le Hameau, Solidarité Sida, et les institutions).

Idées principales

  1. Désinstitutionnaliser la documentation :
  • Pascal Lièvre montre que les objets queer (patchworks) perdent leur sens quand ils sont détachés de leur communauté.
  • Piste : Impliquer les concerné·e·s dans la documentation (ex. : co-écriture de notices, archives orales).
  1. L’écriture comme pratique vivante :
  • Elena Lespes Muñoz propose des formats alternatifs :
    • Collaboratif (« La Kate »).
    • Contraint (moufles, règle de non-effacement).
    • Expérimental (hasard, accident).
  • Application : Documenter les expositions via des processus d’écriture plutôt que des fiches statiques.
  1. La fiction comme outil de médiation :
  • Les Paillettes utilisent des scénarios pour :
    • Rendre accessible des enjeux complexes.
    • Créer de l’empathie (via des personnages).
  • Pour la documentation :
    • Intégrer des récits fictifs dans les archives (ex. : « et si cette œuvre avait été créée par une personne queer ? »).
    • Archiver les réactions du public (comment les fictions résonnent-elles ?).
  1. L’atelier comme format documentaire :
  • Les ateliers (restauration, écriture, médiation) sont des espaces de production de savoirs à part entière.
  • À documenter :
    • Les gestes (restaurer un patchwork, écrire avec des moufles).
    • Les paroles (discussions, débats).
    • Les émotions (deuil, joie, colère).
  1. L’éphémère et le permanent :
  • Patchworks : Objets à la fois mémoriels et vivants (ils continuent d’être créés).
  • Le Hameau : Espace régulier mais non institutionnel.
  • Enjeu pour ta thèse : Comment capturer la dynamique entre conservation (archive) et actualisation (nouveaux patchworks, nouveaux ateliers) ?

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