Présentation de videomuseum
Rencontre avec Isabelle Reusa dans leurs locaux rue Renard.
Présentation de Videomuseum
Videomuseum est une association (loi 1901) française réunissant le réseau des collections publiques d’art moderne et contemporain. Elle est composée à 70 % de musées, puis de FRAC (Fonds régionaux d’art contemporain), de centres d’art, de fonds de ville et du CNAP (Centre national des arts plastiques).
Leur mission est d’aider à la gestion et à la diffusion des collections.
Créée par le responsable de collection dans les années 1980, l’association a développé une base de données pour savoir qui a fait quelle acquisition. Il s’agit d’un réseau transversal pour recenser les œuvres d’art moderne et contemporain, essentiellement public et basé en France, mais également présent en Belgique et à Monaco.
Mission 1 : Base de données pour tous
- Base d’agrégation existante : exemple Joconde (base du ministère de la Culture), gérée en interne par les musées (MAT). Rare, ne fonctionne pas de manière satisfaisante.
- D’où l’initiative, dans cette phase d’amorçage, de développer une solution propre à Videomuseum.
Origine et création de Videomuseum
Fondateur : Jean-François Depelsenaire
- Mathématicien de formation, il travaille depuis 1976 dans la conception et la réalisation de banques de données informatiques sur le patrimoine (CNRS, Musée des arts et traditions populaires, ministère de la Culture).
- Professeur à l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs (ENSAD) de 1987 à 2012, dans le secteur Design Graphique et Multimédia, où il coordonne les enseignements numériques.
- En parallèle de son enseignement, il conçoit le projet Videomuseum et en assure la mise en place et le développement.
- L’association loi 1901 a été mise en place dès 1991, au début du projet.
- Première version sur vidéodisque (années 1980), puis évolution vers le CD-Rom et Internet (site en ligne à partir de 1997).
Direction actuelle : Isabelle Reusa
- Issue du monde culturel (West End de Londres, Théâtre national de l’Odéon, Réunion des musées nationaux, Grand Palais).
- Elle s’est spécialisée dans la diffusion numérique des contenus culturels et les modèles de plateformes.
- A conseillé des acteurs culturels, des médias (Radio France, AFP), des startups et des groupes industriels.
- A rejoint Videomuseum en tant que directrice.
Le logiciel et le modèle
Édition d’un logiciel avec lequel les membres vont numériser leur collection.
Lorsque l’on travaille dans Gcoll (logiciel de gestion de collection) pour une acquisition ou un mouvement, le logiciel de gestion des mouvements crée de la donnée de gestion sans qu’on s’en rende compte. La donnée créée dans Gcoll est ensuite reprise et retravaillée pour être rendue publique.
La première version fonctionnait sur vidéodisque. Lorsqu’un musée souhaitait publier en ligne, c’était catastrophique dès qu’il voulait travailler avec un poste extérieur.
Videomuseum a été pensé pour la publication. C’est un modèle unique, associatif, et non un modèle économique.
- 75 institutions membres (le réseau fédère aujourd’hui environ 70 musées et fonds d’art moderne et contemporain, d’arts décoratifs et de design).
- 400 œuvres jusqu’à 120 000 € + coûts supplémentaires de services (quand le service de collection le nécessite).
Videomuseum promet de centraliser l’énergie. L’association ne fait pas de profit. La puissance publique se donne les moyens.
Les atouts de Videomuseum
Diffusion des bonnes pratiques de gestion de collection. Tout le monde utilise la même version. Pas de sur-mesure. Partage des bonnes pratiques.
- Toute sorte de collection, même un musée avec collection d’architecture.
- La Coopérative-Musée Cérès Franco à Montolieu (Aude) : musée membre, dont la collection sera accessible sur la base Videomuseum à compter de mars 2026.
- Tout le monde a le même outil et le même service support. Doc Team : beaucoup de méthodes sur le récolement.
- Formation des nouvelles équipes. Service d’accompagnement sur mesure.
Souveraineté. Les données restent sur place. Externalisation en cours par sécurité.
Financement dans le réseau. Tout le monde est informé immédiatement du niveau de cotisation. Celle-ci est calculée sur la taille de la collection. Chaque année, la cotisation augmente de 2 %.
Processus d’adhésion
- Demande d’adhésion à la structure.
- Les dossiers peuvent être refusés sur la base de la qualité de la collection.
- Vote du postulant au conseil d’administration (CA).
- Videomuseum accompagne sur le dossier pour identifier les points de faiblesse.
- Si la demande est acceptée : signature d’une convention.
Gestion des données et Navigart
Ils font travailler les collections sur les données. Navigart → version en ligne. API sur Navigart. Communication entre Gcoll et Navigart.
| Institution | Œuvres | Remarques |
|---|---|---|
| Centre Pompidou (MNAM) | 128 429 œuvres | Collection du Musée national d’art moderne, deuxième plus grande collection d’art moderne et contemporain au monde ; thesaurus de type d’œuvre propre à Navigart |
| CNAP | 92 372 œuvres | Centre national des arts plastiques, gère le Fonds national d’art contemporain (FNAC) ; a apporté le genre des artistes |
Total base commune : 477 593 œuvres
La base commune n’est pas ouverte au public, pas même l’interface. Chaque membre dispose de sa base privée, qui contient toutes les œuvres, pas seulement celles présentées au public.
Exemple : David Horvitz (artiste américain né en 1982 à Los Angeles). Sa pratique, entre art conceptuel, photographie, mail art et livre d’artiste, explore notre rapport au temps, au paysage et aux réseaux.
- Fleur de Corbeau : branche de frangipanier issue du jardin de sa grand-mère, plantée dans le jardin du FRAC Lorraine (49 Nord 6 Est, Metz) à l’occasion d’une collaboration avec la directrice Fanny Gonella (exposition Conversations With Ghosts, Frieze Los Angeles 2025).
Il y a plus d’informations sur l’œuvre dans la base privée Videomuseum que dans la base publique, notamment des références aux dossiers d’archives et des documents tels que les constats d’état.
Les accès sont extrêmement précis sur les réglages admin : lecture seule à l’administration totale. Granularité incroyable.
Un seul mode d’accès à Videomuseum.
Notices et cartographie
- On peut créer des notices rédactionnelles. Voir FRAC Picardie : notices d’artiste ou d’œuvre. Tri aléatoire.
- Cartographie : FRAC Picardie, exposition / section « Collection en mouvement » (rubrique « Explorer » du site du FRAC Picardie). À voir.
- Les notices rédactionnelles et les vues de l’exposition peuvent être saisies dans Videomuseum (pas dans Gcoll).
Structuration des données pour un réseau
Chacun gère sa collection. Mais les données relatives aux artistes, aux personnes (acteurs) et aux organismes sont communes, transverses à tous. La recherche s’effectue dans la base commune des artistes. Tout le monde travaille sur ces données, avec une modération par Videomuseum a posteriori.
Évolutions en cours
- Actuellement : Gcoll 2.
- En cours de développement : Gcoll 3. Recherche de financement.
Modèle client-serveur, car système ancien. Base de données en XML.
Financement
- 75 % financement par les membres (cotisations).
- 25 % budget en subventions : DGPA (Délégation générale du patrimoine et de l’architecture), DGCA (Direction générale de la création artistique) et secrétariat général pour le numérique.
Transitions à venir
- 6 ans d’ajout de fonctionnalités sans suivi.
- Grosse transition à effectuer.
- Besoin de données qui puissent être sémantisées.
- Héritage d’une dette technique.
Références
- Videomuseum — Site officiel. https://www.videomuseum.fr/
- Plaquette Videomuseum (2020) — « 7 réponses à 7 questions ». https://www.videomuseum.fr/plaquettes/Plaquette_Videomuseum_FR_20200228.pdf
- Annuaire du CNAP — fiche Videomuseum (directrice : Isabelle Reusa). https://www.cnap.fr/annuaire/lieu/videomuseum
- Le Journal des Arts, n°30, 1er novembre 1996 — « Le mois vu par Jean-François Depelsenaire, directeur de Videomuseum ». https://www.lejournaldesarts.fr/actualites/le-mois-vu-par-jean-francois-depelsenaire-directeur-de-videomuseum-99948
- Le Journal des Arts, n°35, 4 avril 1997 — « Vidéomuseum en ligne ». https://www.lejournaldesarts.fr/medias/videomuseum-en-ligne-99295
- ICHIM 2003 — « Videomuseum, un réseau rassemblant plus de 50 collections d’art moderne et contemporain » (Jean-François Depelsenaire). https://www.archimuse.com/publishing/ich
- Ministère de la Culture — « Tout savoir sur Joconde » (histoire de l’application Videomuseum). https://www.culture.gouv.fr/fr/thematiques/musees/pour-les-professionnels/rendre-les-collections-accessibles-aux-publics/assurer-la-diffusion-numerique-des-collections/participer-a-joconde-catalogue-collectif-des-collections-des-musees-de-france/https-www.culture.gouv.fr-sites-thematiques-musees-v2-pour-les-professionnels-tout-savoir-sur-joconde
- Coopérative-Musée Cérès Franco (Montolieu) — DRAC Occitanie. https://www.culture.gouv.fr/regions/drac-occitanie/actualites/actualite-a-la-une/un-nouveau-musee-de-france-en-occitanie
- FRAC Picardie — site officiel (section « Collection en mouvement »). https://frac-picardie.org/
- David Horvitz — site officiel de l’artiste. https://www.davidhorvitz.com/
- Colloque Avignon — « Conserver et restaurer les œuvres des Frac » (intervention d’Isabelle Reusa). https://fracsud.org/IMG/pdf/colloque_avignon_programme_v9.pdf